Proposée à l’occasion du festival de danse ‘Le Temps d’aimer’, cette exposition réunit deux artistes très proches de Thierry Malandain : Lilivandel, d’origine flamande, a développé ses talents à Bruges et Bruxelles. Sa peinture capte le mouvement, celui des danseurs de Ballet Biarritz

langage des corpsOlivier Houeix, photographe attitré de la compagnie, ancien assistant d’Arman et de Franca, évolue dans le milieu de la danse depuis de nombreuses années. Il a suivi le travail de Blanca li, Preljlocaj, Obadia et … Malandain.

Exposition ouverte tous les jours de 14h à 19h. Fermé le mardi.
ENTREE LIBRE / Renseignements : 05 59 41 57 50

Lilevandell
Née de parents flamands, à la frontière française, elle dessine depuis sa plus tendre enfance.

Elle développe ses talents à Bruges et Bruxelles et donne des cours à l’Institut où elle-même a été formée. Nommée professeur à l’Académie Royale de Belgique en Flandre, elle crée des costumes historiques et des costumes de scène ainsi que différentes formes d’ « art textile ».

Mais la peinture est en elle et finit par s’imposer ; Lilivandel se distingue par un palmarès international impressionnant surtout depuis qu’elle s’est établie dans le Sud-Ouest – depuis déjà 34 ans. Elle obtient le « Grand Prix Humanitaire de France » à Paris, le prix « Léonardo da Vinci » à Rome, et le « Prix de la peinture féminine à Marseille ». France 3 lui consacre un reportage « Le portrait d’un peintre, une femme d’exception ». Primée avec deux peintures sur les chevaux à Saumur, elle réalise des œuvres pour les Jeux olympiques à Séoul et les Championnats du monde à Stokholm, ainsi que « Les Chevaux de l’Océan », un projet en mosaïques pour l’île de la jument en Bretagne. Pendant plusieurs séjours en Afrique, elle peint des femmes et des chevaux.

Le mouvement est une des premières caractéristiques de ses tableaux. L’artiste ne connaît pas seulement l’anatomie des danseurs mais elle les suit à différents moments.

Avec des traits déliés et fugitifs, avec parfois de fines hachures mais aussi avec des plans qui s’étalent, elle trace son sujet. Ailes et nuages, têtes et jambes… l’aura des corps est rendue avec une intensité de mouvement dans la composition : cela se traduit par un bouillonnement de couleurs, à partir du rouge qui révèle l’énergie la plus intense, jusqu’aux nombreuses teintes de bleu – la couleur dont Goethe a écrit qu’elle ne s’impose pas à nous, mais qu’elle nous entraîne.

Lilivandel a trouvé, et comment pourrait-il en être autrement vu ses origines, une combinaison originale et fascinante, pour ainsi dire un entrelacement d’éclats de baroque flamand et de moments de fauvisme français. Le tout est empreint d’un sentiment poétique très profond des formes et de la couleur.

Les poésies, disait Rilke, ne sont pas des sentiments mais des expériences pour écrire un poème, il faut visiter beaucoup de villes, apprendre à connaître les humains, les animaux, la nature. Cela vaut aussi pour la peinture et pour celle-ci en particulier.

Olivier Houeix

Pour Olivier Houeix la photographie est une passion depuis l’enfance. Déjà muni de son appareil, il photographie sans arrêt. A 14 ans, il rencontre Michel Cresp qui l’encourage dans sa vocation et l’initie à la prise de vue, au cadrage et aux techniques du laboratoire. En 1983, il rentre à l’école Féret du Longbois de Limoges pour trois ans. Il y reçoit l’enseignement de Joël Manet qui lui apprend la technique de studio. La passion devient alors son métier. En 1988 il rencontre Arnaud de Bonis, peintre et assistant à l’atelier d’Arman. Il entre alors chez Arman où il fait la connaissance de Georges Boisgontier, chef de l’atelier et photographe, qui lui confie la responsabilité du studio photographique.

En 1991, Olivier Houeix décide de se consacrer pleinement à ses projets personnels: il travaille avec les Affaires Culturelles de la Ville de Cannes sur de nombreux projets comme les Rencontres Cinématographiques de la ville de Cannes ou le Festival international du film. En parallèle, il continue d’officier en tant que photographe pour des artistes, des sculpteurs et surtout développe son travail personnel à travers des expositions, notamment à la galerie Vecchio aux côtés d’artistes comme Alain Rufas, Bertrand Pigeon, Elisabeth Brainos et Chris Dolan. Il récolte alors deux premiers prix de photo, au Festival des Arts de Beaulieu sur Mer, en 1992 et 1994. Il couvre également depuis cette date-là avec ses amis photographes Yann Coatsaliou, Michel Johner, Georges Aucler et Christian Alminana toutes les manifestations cannoises de Red Midem.

En 1992, les Affaires culturelles de la ville de Cannes lui confient la couverture du Festival de danse de Cannes. Il se découvre un goût en même temps qu’un talent pour la photographie de danse qui lui permet d’expérimenter des choses nouvelles et inédites. Cette collaboration fructueuse qui perdure encore jusqu’à aujourd’hui devrait déboucher bientôt sur un ouvrage rétrospectif.

En 1998 il s’installe à Biarritz un centre chorégraphique national. Récemment arrivé dans les Landes, la rencontre en 2000, de Thierry Malandain, chorégraphe de Ballet Biarritz, offre à Olivier Houeix la chance de s’exprimer en continuant à saisir les instantanés dans le mouvement. Olivier Houeix aime la vitesse et la difficulté que lui oppose une discipline telle que la danse, en même temps que les images sublimes qu’elle peut permettre de produire en trouvant le rythme, l’équilibre entre beauté de l’image et justesse chorégraphique. Pour lui, le regard photographique est avant tout une façon instinctive de capter les choses, de fixer une sensation visuelle et d’interroger la réalité de la perception.